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Site occupé6 min de lecture··Par Kevin Nehar

Lever les réserves logement par logement sans y passer l'hiver

Sur un bâtiment neuf, la réception est un événement : un jour, un maître d'œuvre, une liste. Sur une réhabilitation occupée, il y a autant de réceptions que de logements, étalées sur des semaines, et chacune produit trois lignes de reprise que quelqu'un doit rattacher au bon corps d'état.

Cet article fait partie du guide

Travaux en site occupé

Une photo, une réserve

La description écrite d'une réserve est toujours discutable : « finition peinture moyenne » ne veut rien dire pour le peintre qui reviendra dans trois semaines. La photo, elle, montre le mur, l'angle et la lumière. C'est pour cela qu'une réserve doit être une photo, prise dans la pièce, à laquelle on ajoute une phrase et un corps d'état.

Une conséquence pratique : on prend la photo avant d'écrire, pas l'inverse. La visite se fait pièce par pièce, appareil à la main, et le texte se complète le soir si besoin. Une visite qui commence par la rédaction produit des listes courtes et floues, parce que personne n'écrit vingt lignes debout dans un couloir.

Chaque réserve appartient à un corps d'état

Une liste de réserves sans corps d'état est une liste que personne ne peut exécuter. Le conducteur devra la relire ligne à ligne pour la répartir, et il le fera trois semaines plus tard, de mémoire, sur des photos qu'il n'a pas prises.

Le rattachement se fait donc au moment de la photo, pendant qu'on a le mur sous les yeux. Il n'y a rien à saisir : les corps d'état du chantier sont ceux du planning, on choisit dans la liste. Le libellé du lot est aussi recopié dans la réserve, pour qu'un lot renommé ou retiré du planning plus tard ne rende pas la réserve illisible.

Contrôlé, réservé, non fait, ou pas contrôlé

Contrôler une prestation ne se réduit pas à cocher ou ne pas cocher. Il y a quatre états, et le quatrième est le plus important : « pas encore contrôlée ». Une case vide qui s'imprime comme un conforme est un mensonge involontaire, et c'est celui qui se retourne contre l'entreprise le jour où le locataire signale le défaut.

La visite de levée reprend donc les prestations de l'état des lieux d'entrée, celles qui étaient retenues au programme, et chacune reçoit son état : conforme, réserve, non faite, ou rien. Un document qui imprime « non contrôlée » est un document honnête, et il coûte moins cher qu'un conforme démenti trois mois plus tard.

Rendre la liste au bon interlocuteur

Une fois la visite faite, trois personnes attendent trois choses différentes. Le locataire veut un document signé qui dise ce qui reste à faire chez lui. Le sous-traitant veut la liste de SES réserves, sur tout le bâtiment, pour organiser une journée de reprise. Le bailleur veut le compte : combien de logements réceptionnés, combien avec réserves, combien soldés.

Si la donnée est saisie une fois, ces trois sorties sont trois lectures de la même liste, pas trois ressaisies. C'est le seul moyen de tenir deux cents logements : le conducteur ne recopie rien, il filtre.

Signer le jour même, chez le locataire

Le procès-verbal de levée reprend l'identification du logement, le bilan, les pièces avec la photo de chaque réserve, le tableau des réserves, les prestations contrôlées et deux signatures : le locataire et le conducteur de travaux. Il se signe sur la tablette, avant de sortir.

Un PV signé plus tard perd sa raison d'être : le locataire ne se souvient plus de ce qu'il a vu, et l'entreprise se retrouve à défendre une liste établie sans témoin. Deux minutes de plus sur le palier valent une réunion contradictoire évitée.

Une levée de réserves tenue au logement se joue sur trois gestes : photographier au lieu de décrire, rattacher au corps d'état sur place, et faire signer avant de sortir. Le reste, filtrer par lot, compter les logements soldés, éditer le PV, se fait ensuite sans ressaisie. Le module de suivi de chantier de FloorScan est construit sur cette chaîne, du planning journalier jusqu'au procès-verbal signé.

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